Seatrekking et art participatif : quand la mer devient un terrain de confiance pour les jeunes de Contact Club
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Sensibilisation à l'environnement marin, art participatif et lien social : Watch The Sea et Contact Club racontent une semaine à Marseille.

Trois jours, un groupe de jeunes des quartiers de Marseille, et une même question qui revenait sans cesse : et si l'océan devenait un espace où on apprend à se faire confiance ? Dans le cadre du programme Un Océan de Bonheur pour Tous, Watch The Sea a accueilli les jeunes de l'association Contact Club pour une semaine mêlant seatrekking, sensibilisation à l'environnement marin et création artistique aux côtés
du collectif L'Ombre des Nuages. Lamri, animateur à Contact Club et adhérent de l’association depuis 10 ans, revient sur cette expérience sociale et humaine hors du commun.
Un partenariat social qui dure depuis près de 7 ans
Lamri connaît Contact Club de l'intérieur : adhérent depuis des années, il en est aujourd'hui animateur. Le partenariat entre l'association marseillaise et Watch The Sea, lui, existe depuis bientôt sept ans : plongée, ramassage de déchets en mer, sorties de sensibilisation à l'environnement se sont enchaînés au fil des saisons.
Cette année, huit jeunes ont pu participer, sur un nombre bien plus important de candidats. Lamri a fait le choix de mobiliser en priorité ceux qui avaient déjà vécu une première expérience en mer l'année précédente, pour assurer une continuité dans l'engagement social du groupe. Une continuité qu'il compte bien reproduire à l'avenir : « je pense que l'année prochaine, ça va être encore le même groupe, pour voir un peu la continuité et l'évolution des jeunes ».
Trois jours rythmés, entre séances de nage pour se rafraîchir (sous une chaleur marseillaise particulièrement intense) et temps de création artistique.
Le premier jour n'a pourtant rien eu d'évident. Les jeunes ne savaient pas à quoi s'attendre, une forme d'appréhension dominait. C'est une sortie en bateau collective, dès le début du séjour, qui a permis de poser les bases d'un climat de confiance. Lamri est formel sur l'évolution du groupe au fil des trois jours, lui qui a vu « le premier jour et le dernier », pas du tout pareils : « le dernier, il ne voulait plus partir ».
Des silhouettes qui racontent une histoire personnelle
Comme pour les autres groupes du programme, le collectif L'Ombre des Nuages co-fondé par Tom Geleb et Pierre Malma, a accompagné les jeunes de Contact Club dans une création artistique participative : des silhouettes grandeur nature, tendue sur des draps au bord de l'eau, que chacun a ensuite remplies de son propre vécu.
Lamri insiste sur un point : la place laissée aux jeunes dans cette démarche artistique et sociale a été totale. Les artistes n'intervenaient que sur un point précis du rendu graphique : les visages, un exercice technique que Contact Club reconnaît volontiers ne pas maîtriser. Pour le reste, la parole donnée aux jeunes était sans filtre : « ils faisaient ce qu'ils voulaient sur le dessin. Sinon, c'est les jeunes qui ont tout fait, les idées, tout ça ».
Résultat : des dessins de plage, de pêche, de moments du quotidien . Des autoportraits qui, selon Lamri, ont eu un effet valorisant fort sur des jeunes pas toujours à l'aise pour s'exprimer autrement, et qu'on « sent s'investir » dans ce type de projet social. « Ça leur appartenait. C'était à eux, c'était eux qui étaient acteurs », résume-t-il.
Sensibiliser à l'environnement marin autrement
Au-delà du volet artistique, la dimension environnementale reste centrale dans le rapport de ces jeunes à la mer et à la Méditerranée. Une session de ramassage de déchets en plongée a été suivie d'un temps d'échange autour de la pollution marine : quel déchet, combien de temps pour disparaître en mer. « Une bouteille peut rester jusqu'à 450 ans », rappelle Lamri.
Un chiffre qui a marqué les esprits, au point que chaque jeune s'est engagé sur un geste personnel pour la semaine : utiliser une gourde, ne plus jeter au sol, trier ses déchets. Un engagement individuel, mais aussi profondément social, dans un groupe déjà investi sur les questions d'environnement et de pollution en Méditerranée à travers son partenariat avec Watch The Sea.
Ce que Contact Club retient de ces trois jours
Pour Lamri, l'essentiel de cette semaine sociale tient en un mot : le partage. Un groupe qui se retrouve, un lien qui se construit entre jeunes de Marseille, artistes et encadrants, autour d'un but commun. « C'est se retrouver en groupe comme ça, avec un partenaire, partager des moments ensemble. C'est plus ça que j'ai retenu ».
Une chose est sûre pour Contact Club : la continuité de ce type de programme, année après année, permet de mesurer une réelle évolution chez les jeunes : dans leur rapport à la mer, à l'environnement, et aux autres.
Sur les murs du foyer de l’AAJT le mois dernier, comme sur ceux du Contact Club (puisqu’ils ont ramené leur oeuvre dans les locaux) l'océan a laissé sa trace : un espace social où l'on apprend, où l'on crée, et où l'on se découvre.



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