Dépassement et diversité : Vincent, encadrant en mer, raconte une semaine à plusieurs visages
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Rencontre avec le bénévole encadrant de Watch The Sea, témoin privilégié de quatre groupes de participants différents lors du programme Un Océan de Bonheur pour Tous.
Une semaine, quatre associations, quatre rapports à la mer complètement différents.
Vincent, bénévole et encadrant en mer pour Watch The Sea, a accompagné dans l'eau les groupes de DAC 13, du Centre Hospitalier Édouard Toulouse, de Contact Club et de l'AAJT. Entre logistique, sécurité et moments de bascule, il revient sur ce que cette diversité de publics lui a appris et sur ce qui l'a amené, lui, jusqu'à Watch The Sea.

Un rôle d'encadrement, au plus près de l'eau
Le quotidien de Vincent sur le programme, c'est d'abord la logistique et la sécurité : la gestion des combinaisons de seatrekking qu’il faut rincer, ranger, ajuster tant bien que mal à des tailles pas toujours disponibles ; et l'encadrement des participants dans l'eau. Un rôle concret, en retrait du volet artistique porté par Tom Geleb et Pierre Malma, mais qui le place en observateur privilégié de chaque groupe.
Car en une semaine, la diversité des publics rencontrés a été totale : le lundi avec DAC 13, le mardi avec le Centre Hospitalier Édouard Toulouse, le mercredi avec les jeunes de Contact Club, le jeudi avec l'AAJT. Un même dispositif, quatre expériences qui n'ont, selon lui, rien à voir les unes avec les autres puisque « ça dépend vraiment du public… et des individus en eux-mêmes qui composent ce public. »
DAC 13 : la découverte, les yeux qui brillent
Avec le groupe de DAC 13, des participants d'une quarantaine à cinquantaine d'années qui se connaissaient déjà bien, Vincent retient surtout l'étonnement et la joie collective devant la découverte des fonds marins.
« C'est d'une part leur surprise, leurs yeux qui brillent parce qu'elles ont trouvé ça génial, et puis les échanges qu'il y a eu, c'était riche en échanges. »
Pour la plupart, mettre la tête sous l'eau était une grande première. Une découverte que Vincent décrit avec une image simple, mais parlante : des sourires, et des étoiles plein les yeux.
AAJT : un dépassement partagé
Le rapport à la mer est tout autre avec les jeunes de l'AAJT, pour la plupart passés par la Méditerranée pour rejoindre la France. Si Vincent n'a pu passer qu'une demi-journée avec ce groupe, elle a été marquante.
« La relation qu'elles ont à l'eau, c'est quelque chose de vraiment très particulier. […] Pour se mettre à l'eau, pour regarder sous l'eau, pour elles, c'est vraiment un autre monde. »
Un moment plus délicat a nécessité toute son attention : une participante, en difficulté pour trouver appui dans sa combinaison, a eu besoin d'être rassurée avant de reprendre sereinement l'expérience. Un instant que Vincent a géré avec calme, en prenant le temps nécessaire avant de lui proposer de continuer, ce qu'elle a choisi de faire. Une autre a ressenti une sensation d'aspiration en regardant sous la surface. Deux réactions, selon lui, qui disent beaucoup du rapport particulier de ces jeunes à cet élément.
« Je pense que pour toutes, ça a été un dépassement de se mettre à l'eau. »
Contact Club et Centre Hospitalier Toulouse : deux ambiances, deux rythmes
Avec les jeunes de Contact Club, issus des quartiers de Marseille, l'ambiance était différente encore : plus turbulente côté garçons, plus chahuteuse et joyeuse côté filles, dont Vincent avait la charge. Une journée qui l'a surtout fait beaucoup rire, même si les échanges verbaux restaient limités.
Avec le Centre Hospitalier Édouard Toulouse, Vincent a rencontré des réactions plus silencieuses, parfois plus intérieures. Sans grande verbalisation de la part des participants qu'il encadrait, il a néanmoins perçu quelque chose de fort se jouer en creux.
« Il n'y a pas eu vraiment d'échanges, […] mais il y avait quelque chose d'assez prenant, et en tout cas, moi, je l'ai ressenti comme ça. »
Du chantier naval au sea-trekking social
Le parcours de Vincent vers Watch The Sea n'a rien d'un hasard. C'est le volet médico-social de l'association, bien plus que le seatrekking entre membres, qui l'a convaincu de s'engager.
« Le seatrekking, ça a l'air cool, mais je n'aurais sûrement jamais pris le temps de le faire. […] C'est le programme médico-social qui m'a vraiment intéressé, et qui m'a donné envie de venir à Watch The Sea. »
Pour lui, la dimension artistique du programme, portée par Tom et Pierre, joue aujourd’hui un rôle essentiel dans cette expérience collective : elle permet de poser des mots sur des émotions parfois lourdes à porter.
« Ce côté-là est hyper important : arriver à mettre des mots sur des émotions, sur des choses qui peuvent être assez lourdes. »
Un travail dont les traces, dit-il, ne se lisent pas simplement sur une photo : il faut avoir vu, un peu de l'intérieur, tout ce qu'elles racontent.





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